Vu, lu, entendu: Marketing responsable

November 29, 2007

Revoir nos idées reçues

J'ai présenté ce clip de Hans Rosling à mes étudiants du cours de négociation. Pour corriger une impression qu'aurait laissé une remarque que j'avais faite plus tôt au sujet des coûts de main-d'oeuvre en Chine. Mais le contexte n'est pas si important ici. Par contre, il faut absolument prendre 15 minutes pour écouter ce que Rosling veut nous dire. Les étudiants ont été rivés à l'écran.

J'en retiens surtout que le monde (en développement) évolue à une vitesse que nous ne soupçonnons pas. Nous devons revoir nos préjugés. Surtout des gens comme moi, qui ont été formés il y a un peu plus de vingt ans et qui ont la tête farcie de faits qui ne tiennent plus la route.

Il y a cette image -- spectaculaire -- vers la fin du clip où Rosling présente l'évolution de la distribution des revenus en Chine vs US. Une image qui donne une impression viscérale de l'importance de cette économie qui est en train de... tout changer?

Chinaus

Il y a cet incroyable logiciel.

Et cette métaphore tellement vraie, qui se trouve dans un autre clip. Où Rosling parle de la beauté de la "Nocturne" de Chopin. En présentant la feuille de musique. Pour nous faire comprendre que le language des experts n'est pas la seule, ni la meilleure façon de communiquer une idée.

Rosling est un virtuose de l'interprétation des données.

November 08, 2007

Marketing et bouddhisme ont un point en commun

Le marketing vise à satisfaire les besoin des consommateurs. Ceux qui sont familiers avec notre discipline sont familiers avec des modèles de mesure de la satisfaction où on exprime la satisfaction comme l'écart entre l'expérience vécue, d'une part, et le niveau des attentes, d'autre part. Plus l'écart est grand, plus le consommateur est satisfait. Et bien évidemment, l'industrie concentre ses efforts sur les moyens de parvenir à l'expérience la plus satisfaisante possible.

Au risque de simplifier, la philosophie bouddhiste fait aussi la promotion du bonheur. En adoptant une approche diamétralement opposée -- on réduit le niveau des attentes; on trouve le bonheur dans les conditions d'expérience telles qu'elles sont. En faisant remarquer que l'approche matérialiste aboutit à une spirale ultimement déprimante.

--

Je mentionne parce que TED vient de publier un vidCast de Matthieu Ricard, un moine bouddhiste. Intéressant. TED est l'acronyme de Technology, Entertainment et Design.

Je ne sais pas s'il faut interpréter cette invitation (et les conférences courues du Dalai Lama) comme une indication que la rhétorique Bouddhiste colle aux intérêts du moment. Ou plus simplement que la question de la recherche du bonheur, peu importe l'approche, mérite que l'on s'y attarde. Ricard est décrit comme un spécialiste du bonheur; la littérature scientifique sur le thème du bonheur est en croissance.

Ci-dessous l'évolution du nombre de requêtes sur les mots marketing et happiness selon google.com/trends. Les échelles sont trompeuses -- il y a beaucoup plus de requête sur le mot marketing que sur le mot happiness. Mais les tendances sont là.

Happy

Mktg 

November 06, 2007

Un virage?

Digg relaie ce billet paru dans Ars Technica, à propos du lancement de l'ultra-portable d'Asus. L'auteur écrit que cette machine pourrait être un "game-changer"  -- en français: pourrait redéfinir l'industrie.

En deux mots, Asus est une entreprise qui faisait des cartes mères (motherboards) et des ordinateurs portables. Devenue au fil du temps une entreprise importante. Et qui vient de lancer un ultraportable. Ce qui a provoque l'émoi est que cet ultra portable ne se vend pas $2000 comme on en voit depuis plusieurs années (voir www.dynamism.com pour quelques exemples) mais à moins de $500. Pas de disque dur mais de la mémoire flash. Et un système Linux.

On trouvera quelque part sur Internet des commentaires sur la fait que cette machine éclipse celle développée par l'équipe de Négroponte (OLCP qui visait le marché des pays en vois de développement). On lira ci-dessous que cet appareil est un succès auprès de ceux qui l'ont essayé.

Link: Game-changer: Asus Eee PC a win for Intel and Linux, at Microsoft's expense.

October 31, 2007

L'art de la persuasion à 10 000 mètres

Intéressant. "High life", la revue de British Airways, a recruté le comédien bien connu, Michael Palin, pour éditer un numéro spécial. Dans sa lettre éditoriale, Palin souligne que ce qui était une activité prestigieuse il y a encore quelques années est devenu un cauchemar logistique pour les uns, et un geste irresponsable pour les autres.

Tous ceux qui ont voyagé par affaires sont familiers avec l'horreur que sont devenus les déplacements en avion. Mais comme ceux qui voyagent moins sont parfois envieux, il est utile de pouvoir compter sur des histoires de sécurité à n'en plus finir, de bagages perdus ou endommagés, de vols reportés ou annulés. Il faut souffrir pour voyager.

Ce qui est nouveau et possiblement plus problématique pour l'industrie, c'est le sentiment de culpabilité qui touche ceux qui réalisent qu'un vol trans-atlantique rejette autant de gaz à effet de serre qu'une automobile pendant un an. (3.5 Tonnes pour un vol YUL-CDG-YUL. Un calculateur pour avion se trouve ici. Un calculateur pour automobile )

Oh! Pas encore une angoisse très répandue, mais ici on ne peut plus plaider la souffrance. Tout au plus pourrait-on acheter sa neutralité. La pression est encore relativement modeste en Amérique. Nettement plus perceptible en Europe.

Bref, Palin nous rappelle pourquoi on voyage: parce que c'est dans nos gènes et parce que les voyages permettent de découvrir les autres.

Puis il nous invite à être responsables. Prendre le train si possible; respecter les habitudes des gens que nous visitons.

Intéressant de constater à quel point le thème de la responsabilité se développe. Les revues de compagnies aériennes ont toujous été, il me semble, un ramassis de belles images de destinations exotiques et de profils de gens extraordinaires.

Palin termine en écrivant que:

Voyager est un privilège assorti de responsabilités.

October 16, 2007

Le marketing des organes humains

Dans le cadre du cours de marketing responsable, nous nous penchons cette semaine sur la question de la pertinence d'un marché pour les organes humain.

Il est illégal de vendre un organe humain. Pratiquement partout. (voir ici le reportage de la BBC sur un pays oũ la vente de reins est légale et encadrée. Un rein est vendu pour $1000 et acheté pour $2000) Cette interdiction est motivée par la crainte de dérapages importants (ex: vol d'organes, exploitation de défavorisés, pressions en faveur de l'euthanasie, etc.)

Il est toutefois possible, voire désirable d'en faire le don.

Les progrès de la science médicale font que les déséquilibres entre offre et demande d'organes humains sont exacerbés de sorte qu'on observe l'émergence d'un important marché noir.

Intéressant de constater que les contenus retournés par une requête google sont majoritairement en faveur de la création d'un marché. Que ce soit un think-tank néo-libéral, une jeune bloggeuse ou des économistes très réputés.

Pour un survol plus complet, voci les lectures que nous assignons

1 Barnett, Andy H., Roger D. Blair and David L. Kaserman 1996 A Market for Organs. Society 33 (Sept-Oct) 8-17.

2 Kolnsberg, Heather R. 2003 An Economic Study: Should We Sell Human Organs? International Journal of Social Economics 30 (9/10) 1049-1069.

3 Delmonico, Thomas L and Nancy Scheper-Hughes 2003 Why We Should Not Pay for Human Organs. Zygon: Journal of Religion & Science 38 (September) 689-698.

4 Kishore, R.R. 2005 Human organs, scarcities and sale: morality revisited. Journal of Medical Ethics  31 362-365.

Article récent

Novelli, G., M. Rossi, L. Poli, V. Morabito, S. Ferretti, A. Bussotti, F. Nudo, G. Mennini, F. Antonellis, and P.B. Berloco (2007), “Is Legalizing the Organ Markeet Possible?” Transplantation Proceedings, 39: 1743-1745

Articles les plus cités

Cohen, Lloyd R. (1989), “Increasing the Supply of Transplant Organs: the virtues of a futures market,” George Washington Law Review, 58 (1): 1-51

Scheper-Hughes, Nancy (2000), “The Global Traffic in Human Organs,” Current Anthropology, 41 (2): 191-224

October 13, 2007

sellaband - marketing social de la musique

Vous connaissez sellaband.com ? Un concept intriguant où les artistes lèvent du financement ($50k) auprès de fans (believers) qui financent la production d'un album (à la hauteur minimale de $10). La distribution en MP3 est gratuite. Les believers, en plus d'avoir eu la satisfaction de permettre à un artiste qu'ils apprécient de se payer une production professionnelle, reçoivent un CD (token physique qui demeure important malgré tout). 

1) le modèle d'affaires est similaire à celui de kiva.org (qui met en relation des prêteurs et entrepreneurs qui recherchent du micro-crédit).

2) la littérature académique parle depuis relativement longtemps du rôle changeant du consommateur dans le processus marketing. On parle de co-création depuis quelques années (cf Prahalad et Ramaswamy : Prahalad est un des auteurs les plus influents en management stratégique). Mais franchement, cette vision était articulée de manière nettement plus bénigne (ex: développement de logiciel faisant appel à une communauté d'utilisateurs pour accélérer le processus, UGC, etc.)  Kiva.org et sellaband.com poussent le concept beaucoup plus loin, brouillant totalement la frontière entre producteur et consommateur. On peut toujours dire que eBay jouait aussi le rôle de simple organisateur entre des acteurs privés, mais le modèle de base des enchères n'a pas vraiment été modifié. Idem pour facebook, youTube et autres succès 2.0. Kiva et Sellaband (encore plus sellaband je crois) sont des plateformes qui permettent à un individu de devenir un producteur.

3) l'industrie conventionnelle de la musique est confrontée à l'implosion de son modèle d'affaires. Un articie intéressant dans Business Week. BW n'est absolument pas un périodique de geeks illuminés. L'analyse qu'ils publient, et surtout la collection de vignettes qu'il joignent à leur article, donne l'impression que le secteur comme on l'entendait est un mort en sursis.

4) Si vous mettez le doigt sur d'autres exemples à la kiva.org / sellaband.com, merci de me les relayer.

5) De manière traditionnelle, marketing social réfère à l'utilisation des techniques marketing à des fins sociales (bonnes causes). De plus en plus, marketing social est utilisé pour décrire des activités marketing visant l'univers 2.0. Je vais personnellement considérer sérieusement la possibilité d'utiliser l'expression marketing social pour décrire des activités de type kiva / sellaband -- des activités de co-création.

October 11, 2007

Kiva - Idée géniale

Kiva.org est un site qui met en relation prêteurs et emprunteurs de micro-entreprises. Sur le site on trouve une grande variété de minuscules projets qui vont de l'achat d'équipement de pêche à la construction d'une pièce dans la maison en passant par l'achat de marchandises pour ouvrir une épicerie. Les montants requis sont minimes par nos standards. Significatifs pour ceux qui ont besoin de ce micro-crédit.

Mieux. Si un emprunteur potentiel a besoin de $500. 20 prêteurs peuvent cotiser chacun $25.

Meux encore. 100% des fonds qui sont prêtés vont dans les mains de l'emprunteur. On propose une contribution additionnelle pour aider au financement de Kiva.

Et toujours mieux. Kiva s'appuie sur des organismes locaux qui traitent les demandes. Des statistiques de risque sont disponibles sur chacun. (pratiquement aucune délinquance).

Et vachement bien fait. J'ai prêté $25 en quelques clics. Paiement Paypal. Me semble nettement mieux comme geste que d'acheter équitable ou de cotiser l'oeuvre caritative ABC. Il y a un projet. Un nom. Un suivi.

Et franchement impressionnant. Leur approche est tout ce qu'il y a de viral/social/2.0/appelons-ça-comme-on-le-veut-avec-le-mot-du-jour. Voir par exemple le bandeau qui apparait sur le côté de mon blog.

Primé ici et là. Tas d'appuis. Vraiment excellent comme idée.

Aux étudiants du cours de markleting responsable: Kiva est un exemple parfait de marketing social, dont le sens premier est celui d'une place de marché où les acteurs sociaux se prennent en main. Pas de leçons de morale. Des résultats.

Aux étudiants du cours entrepriseDigitale: Kiva est un excellent exemple de la profondeur des impacts qui se font sentir de plus en plus à tous les niveaux de la société. Kiva est un autre exemple de UGC (User Generated Content). Et tout comme youTube transforme les industries de la télé et de la publicité à une vitesse hallucinante, Kiva pourrait transformer l'industrie caritative. Dans une entrevue à l'emission Search Engine, la relationniste de Kiva faisait allusion au fait que leur projet a des points communs avec les réseaux sociaux à la FaceBook.

October 10, 2007

Krugman sur la globalisation -- moins inconditionnel

Paul Krugman est un économiste bien connu. Longtemps au MIT il est maintenant à Princeton. Dans cette allocution il dit plein de choses intéressantes/importantes relativement au phénomène de la globalisation. Lui qui était un partisan "inconditionnel" du libre échange dit maintenant observer des signes préoccupants quant à l'effet de la globalisation sur les disparités salariales dans les pays développés.

Avant d'écouter, il serait utile de jeter un oeil ici - en particulier sur le graphe des inégalités de revenus. On observe que l'écart grandissant ne coincide pas avec la spectaculaire ouverture de la Chine. On remarque aussi que l'écart s'est rétréci avant de reprendre de l'expansion. Krugman, un économiste libéral, attribue l'écart grandissant, d'abord à l'effet de spécialisation, tout en ajoutant que la globalisation ajoute des effets pervers, concentrés au sommet de la hiérarchie des revenus

Si Krugman n'est pas un orateur spectaculaire, il n'y a toutefois pas plus crédible.

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October 09, 2007

L'autre sens du marketing social

Michel Leblanc est un des bloggeurs les plus influents du Québec. Dans un billet récent (sur lequel je suis tombé de fil en aiguille après une recherche sur le concept de marketing social) il relaie l'opinion d'un associé de Forrester concernant le marketing social.

Il m'aura fallu plusieurs minutes pour comprendre que Kardon et Leblanc parlent de marketing des réseaux sociaux (du genre MySpace, Orkut, Facebook, etc.) et non pas de marketing social dans le sens usuel du terme (i.e. l'utilisation des techniques marketing pour promouvoir une "bonne cause" -- ex: lutter contre la consommation d'alcool au volant).

En fouillant un peu plus -- Kardon s'intéresse à l'utilisation des réseaux sociaux dans la conception de stratégies marketing (conventionnelles). Un des exemples qu'il apporte à notre attention est le clip Eepybird. Les ventes de Mentos auraient progressé de 14% selon cette source.

Aucun doute que Kardon a raison sur le fond. Sur la forme, il faudrait peut-être repenser l'appellation "marketing social".

Link: Les cinq objectifs d’affaires d’un blogue ou du marketing social | Michel Leblanc, M.Sc. commerce électronique. Marketing Internet, consultant, conférencier et auteur.

September 26, 2007

Le multiculturalisme

(à la hâte...)

Hier je mettais enLigne une présentation spectaculaire. Aujourd'hui, le ton est moins extravagant, mais le message important. Karim H. Karim, Directeur du School of Communication and Journalism at Carleton University. Un podcast de la série IDEAS de la CBC.

1) l'exposé démarre lentement (la métaphore de l'éléphant est usée) mais progresse de façon méthodique et remarquable.

2) je partage entièrement l'observation que Karim fait en terminant son exposé (i.e. les diasporas peuvent garder un contact nettement plus étroit que ce n'était le cas il y a 3 générations, avec des impacts qui ne sont pas condidérés explicitement

3) je partage aussi complètement sa réponse à la première question (des professionnels responsables doivent apprendre à apprécier les différences et à reconnaître les points communs.

Et de nombreux autres éléments importants. (en particulier la différence qui existe entre les modèles canadiens (salade), américain (melting pot), britannique (intégration négligente) et française (assimilation dans un modèle unique. Et crois, comme lui, que notre modèle est supérieur. Mais que des défis (évidents) pointent à l'horizon.

Autre point. Rosling présente un message tout aussi important, quoique différent. J'ai l'impression que l'extravagance peut nuire à la compréhension. Mais peut aussi réfléter mes goûts personnels

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September 24, 2007

L'impossible est possible -- et le pouvoir des blogs

Cet après-midi, problème avec le beta de présentation de Google. De fil en aiguille je suis tombé sur cette présentation (un blog parle de google presentation, dit que l'application n'est probablement pas à la hauteur et pointe sur un classique de Kawasaki -- la règle du 10-20-30, lequel pointe sur un blog spécialisé en présentations, lequel pointe sur cette incroyable présentation de Hans Rosling)

Il faut écouter la présentation. Il y a ce logiciel fantastique qui permet de voir la réalité avec des yeux frais. Il y a l'argument de base qui parle de développement économique et du fait que ce qui semble a priori peu probable est en fait relativement plausible. Et il y a la finale, invraisemblable.

À voir ABSOLUMENT.

Et je note en passant que toute l'information est relayée par des blogs. Requête lancée sur un moteur de recherche, matériel offert par un site spécialisé. Mais entièrement relayé par des blogs.

September 07, 2007

Un marché noir dans le secteur de la santé

Dans le cours de Marketing Responsable, nous parlerons du marché pour les organes de remplacement (devrait-on autoriser l'achat/la vente d'organes humains). Si l'idée répugne, elle est peut-être préférable à l'existence d'un marché noir.

Par hasard je suis tombé sur un podcast de la CBC qui parle du phénomène des files d'attente dans le secteur de la santé. Préparé par un médecin, l'émission explique comment les gens font pour ne pas attendre. De toute évidence les contacts personnels jouent pour beaucoup.

Ce qu'il faut retenir, je suppose, c'est qu'en dépit de la réglementation (au Canada la santé est un bien public et gratuit, il n'y a pas de marché permettant d'offrir de l'argent pour obtenir un service -- sauf exceptions qui se multiplient) un marché se crée. La monnaie d'échange est le capital humain que quelqu'un accumule par ses contacts personnels.

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May 23, 2007

Cours sur le marketing responsable

Le programme de deuxième cycle a approuvé la création du cours Marketing Responsable. Ce cours sera offert dès l’automne 2007, dans une forme provisoire (détails plus bas)

L’idée fondamentale du marketing est d’identifier des opportunités d’affaires en répondant aux besoins des consommateurs. À première vue, excellent. Mais certains diront que c’est cette philosophie qui est à l’origine de l’épidémie d’obésité (les entreprises offrent ce que les consommateurs demandent, même si ce qu’ils demandent n’est pas dans leur intérêt). D’autres pointent du doigt les entreprises en les accusant d’être responsables du réchauffement global.

Si je suppose que la majorité des étudiants est capable de comprendre qu’il n’est pas recommandé d’appliquer les techniques de marketing pour vendre de l’héroïne au coin de la rue, il est moins évident de disposer des accusations relatives à l’épidémie d’obésité et au réchauffement planétaire. Il est encore moins évident de construire une réponse stratégique appropriée, faute d’outils adéquats. Non, la vente de frites n’est pas un crime et la police ne vous importunera pas. Mais la vente de cigarettes pourrait vous causer des ennuis, dans certains cas. Et la vente de frites a donné lieu à des poursuites civiles. Sans compter l’opinion publique qui affecte la valeur de votre marque. Cette opinion publique est-elle le précurseur de contraintes légales? (non, pas si simple)

C’est ce genre de questions que je souhaite explorer dans le cours. En gardant à l’esprit que nous formons des gestionnaires. Et que l’idée importante est de développer des outils permettant de comprendre comment la société intervient de plus en plus dans le processus de développement d’une réponse à une opportunité de marché.

La liste des lectures qui figure au plan de cours a été développée par Stanley Shapiro, professeur émérite de Simon Fraser University. Shapiro est bien connu dans le milieu du macro-marketing et il a mené une consultation auprès des membres de la communauté académique sur ce qui constituerait un bon recueil de lectures. Comme j’avais l’intention de développer un tel cours, l’occasion était trop belle pour ne pas la saisir.

Ce que je tiens personnellement à développer, c’est l’idée que le marketing doit être pratiqué de manière responsable. Ce qui n’est pas la même chose que de dire que l’on doit respecter des normes éthiques précises. L’idée de marketing responsable suppose deux choses : 1) une entreprise doit comprendre la portée de ses gestes; 2) et doit en mesurer les conséquences. Ces conséquences sont le résultat des actions des parties prenantes de l’organisation, qui peuvent exercer divers pouvoirs sur cette dernière.

Mon objectif est de parvenir à mieux comprendre ces équilibres de forces et les gérer, soit dans la perspective du gestionnaire soit dans celle de l’activiste.

Pour le moment je prévois donner le cours à l’automne sur la base des lectures identifiées par Shapiro. Puis modifier le contenu en prévision de 2008.

Pour l’automne 2007, le cours s’offrira comme si c’était une lecture dirigée. Je pense rendre obligatoire 2 lectures par thème (j’indiquerai lesquelles cet été). Si plusieurs étudiants étaient intéressés, nous pourrons nous rencontrer en classe (voir avec Céline Pouliot pour les détails. Je pense que ce sera les mercredis ou jeudis 12:30). Sinon, on peut imaginer quelques rencontres informelles, ou 100% Internet. Ou un panaché.

Si l’idée d’un tel cours vous intéresse, faites-moi signe. Faites passer le mot. Et nous verrons bien ce que nous pourrons apprendre d’utile, cet automne.

April 21, 2007

Why Not Tax the Tall? - New York Times

Lire les sources quand j'aurai 2 minutes. En bref, un argument qui attaque le principe distributif du système de taxation.

(Si vous tombez sur ce billet accidentellement): Welfare economics est une discipline où on considère les effets globaux d'une réglementation, mais pas les effets distributifs, lesquels sont en principe mieux servis par un système de redistribution via impôts et taxes. Cet argument est utilisé, par exemple, pour défendre le principe de services de santé privés (socialement + efficients que des services publics, réglementés, en disposant de l'argument de bien essentiel qui ne serait pas disponible aux moins fortunés, lesquels devraient recevoir juste redistribution via crédits d'impôts ou autrement.

Link: Why Not Tax the Tall? - New York Times.

“This result has two possible interpretations,” the men write with tongue-bulged cheeks. “One interpretation is that individual attributes correlated with wages, such as height, should be considered more widely for determining tax liabilities. “Alternatively, if policies such as a tax on height are rejected, then the standard utilitarian framework must in some way fail to capture our intuitive notions of distributive justice.”

April 17, 2007

Code volontaire de conduite dans le domaine de l'alimentation des enfants

Le Toronto Star fait état d'un code de conduite publicitaire adopté par 15 entreprises qui contrôlent majeure partie des dépenses publicitaires visant les jeunes, et qui vise à promouvoir un style de vie santé.

Au-delà du contenu du code que je ne connais pas, et des effets qui restent à vérifier, il n'en demeure pas moins que ce genre de comportements devient plus fréquent -- les intérêts commerciaux menacés par un changement significatif de l'opinion publique se regroupent pour demander l'intervention de tiers indépendants dont la tâche est de vérifier que les concurrents respectent les règles d'un jeu socialement acceptable.

Une entreprise agissant seule éprouverait des difficultés, parce que le comportement concurrentiel  "optimal" ne coïncide pas avec l'intérêt du public. (Par exemple, le marché des enfants répond favorablement aux produits avec une forte teneur en sucre, de sorte que les entreprises ont un incitatif à répondre à cette demande). D'autre part, si les entreprises attendent que l'opinion publique se mobilise au point de motiver une réglementation formelle, on craint (à tort ou à raison) que le réglementation soit contraignante au-delà de ce qui est nécessaire (parce que les lois ont une portée universelle et s'accommodent mal des considérations d'intérêts particuliers, lesquels font précisément l'objet des efforts de segmentation et de développement de réponses appropriées de la part des entreprises.

Link: TheStar.com - Business - Marketers vow to help make kids healthier.

In the wake of growing concerns about childhood obesity, marketers of sugary delights and deep-fried foods have agreed to create their own guidelines, and submit them to Advertising Standards Canada. It will act as a third-party auditor, issuing reports as to whether the companies comply with their own guidelines. The companies have also agreed to extend many of the guidelines imposed in the TV-specific broadcast code for children to online, print and radio advertising.

March 15, 2007

social weaver

Dans son blog, Alain Boudreau relaie un billet portant sur les forums et les blogs.

Une chose importante -- le rôle du "social weaver". C'est la personne qui s'assure que les messages ne sont pas sans suivi. Super important. Il y a quelques années, j'avais embauché un étudiant gradué (Aga -- elle lit/écrit français, anglais, allemand, russe et polonais :) précisément pour faire le tour des forums de cours et s'assurer que chacun se sentait écouté. Idiot mais essentiel.

(je remplis moins bien ce rôle pour plusieurs raisons -- pas suffisamment de temps et conflit de perceptions de rôles en particulier).

Quand vous concevrez une stratégie de gestion, pensez au mécanisme social. Aux coûts, bénéfices et moyens.

Par ailleurs, blogs et forums sont des animaux qui se ressemblent tout en étant différents... Mon avis serait de ne pas proposer un blog corporatif, mais bien plusieurs, distincts, spécialisés, animés par un individu clairement identifié à chacun des blogs.

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j'ajouterai que je ne suis pas convaincu que les blogs sont des outils appropriés pour gérer des cours. Comprenez bien que mon objectif est de m'assurer que vous savez tous comment vous y abonner. Et si le coeur vous en dit, vous publiez le vôtre et devenez une célébrité comme Stéphane Guérin; ou un spécialiste reconnu comme Stéphane Hamel. L'essentiel est que tous comprennent que la face même du marketing est modifiée par les blogs et autres média sociaux.

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n'oubliez pas que vous pouvez vous abonner à l'ensemble des blogs des étudiants du cours de marketing. Allez voir ici 

March 01, 2007

Le problème avec les lois

Dans mon article sur le concept de marketing responsable, j'attaque l'idée que les lois sont un minimum "éthique" qu'une organisation responsable se doit de rencontrer. L'argument tient essentiellement au fait qu'une loi est un énoncé de principe adopté par une législature, qui peut ou peut ne pas refléter l'opinion de la population, qui peut ou peut ne pas être attaquée par des "gens raisonnables".

Arguments intéressants dans ce podcast d'une conférence d'Allan Hutchinson, qui jette un regard critique sur la Charte des Droits et Libertés. En bref:

1) La Charte a mis fin aux débats politiques portant sur les droits et libertés
2) La Charte se préoccupe de droits et libertés qui préoccupent la classe moyenne
3) Les tribunaux ont ouvert une brèche dans l'équilibre des droits en reconnaissant que les personnes morales (compagnies) ont des droits couverts par la charte (ex: droit d'expression) sans considérer que ces personnes ont des ressources qui les avantagent dans leurs capacités d'exercer ces droits.

Un extrait essentiel (en flux)
L'intégrale en flux ou à télécharger

February 23, 2007

Examples of social canaries in action

In my paper I refer to the notion of social canaries. I had in mind, at the time, a more extreme kind of activism, leveraged around the rule of law, and a milder form of the type illustrated below.

The former is relatively easy to track as lawsuits are eminently public and require visible displays of threats. The latter is not. Somewhere else in my blog I point to the Kryptonite incident. Anecdotal then. Dismissed by many. But the process is becoming more prevalent as more articulate consumers find ways to interact around a common concern.

There are tools one may use to track such occurrences, but I would argue that they are difficult to implement in a forward-looking way -- it is easy to trace the history of a trend looking backwards, but extremely difficult to tell if a low-level signal is the beginning of an exponential growth or just that, a low-level signal.

Link: Independent Online Edition > Business News.

Consumers' revolt: Power to the people Consumer militancy erupts as individuals join forces on the internet to fight back against the state and big business

On responsible marketing -- accepted for Consommation et Société

Joel Brée sent me a nice eMail a few days ago to let me know that my submission to the colloquium he organizes on the theme Consommation et Société has been accepted.

I will present the paper to which I refer a couple of posts below, with a few modifications. The first (generous) referee said in essence that the paper was very good but introduced the notion of quantum consumers too late (and superficially). I fully agree. As I wrote in my blurb, this was my first stab at a question I think is important, and it needs to be sharpened. I'll get back to this.

The second referee questioned my apparent neutrality in defense of marketing and introduced two important points. First, the referee argues that freedom of choice is an illusion. The argument I believe is that the corporate world limits such freedom. Honestly, I expected this line of thinking. And am realy looking forward to the conference because such questions are indeed terribly important. I suppose that my inclination is to argue that there must be a belief in freedom of choice at the consumer level, because without freedom of choice, there is no responsibility. I certainly think that I can choose...

The second point made is that I incorrectly write that there are no model of activism and should be familiar with the abundant literature in the field. I will confess that I am not very familiar with this stream. But will add that am aware of it, and that to the best of my limited knowledge, there are no models of activism beyond very sketchy boxes and arrows. No models that we can use to manage an organization.

So, I will now try to work towards a compact version of my arguments. I see three important issues that I believe I can convey in the (assumed) 30 minutes allocated to my ideas.

1. Societal marketing is (wrongly) moralizing. We can either advocate responsible marketing or remove utilitarian ethics from the societal ethos (a difficult undertaking at best) by arguing that societal should be meant as a formal consideration of distant stakeholders. A responsible organization is motivated to work in the best interest of its proximate stakeholders who have powers of voice and exit. A sustainable strategy must consider the (increasing) power of voice of distant stakeholders.

2. Marketing has an instrumental responsibility. Even in the hands of benevolent organizations, it may cause harm. The way to think about it is the parallel with medicine where well intentioned caregivers may end-up hurting patients and relatives. This must be recognized and corrected

3. Our field doesn't have the tools to manage tensions at the consumer level (quantum consumer) and social level (social canaries).

And I will have to confess that quantum consumers and social canaries are terms I used to entice people to read....

But more later on this. Late Spring and then Fall.

February 14, 2007

Logique de l'individu vs logique de position

Un podcast fascinant à plus d'un égard. Joel Podolny est le (nouveau) doyen de la prestigieuse School of Management de Yale. Il donne une conférence sur le thème du leadership dans laquelle il fait référence à la logique de l'individu qui contraste avec la logique de la position. Ce qui explique des phrases du genre -- "it is nothing personal, it is just business" qu'un cadre d'entreprise utilisera, par exemple, pour justifier des licenciements, ou l'exercice de pressions considérables sur les individus. Des individus généreux sont contraints par la position qu'ils exercent, de poser des gestes qui leur répugnent.

Au premier niveau, il y a cette observation et l'idée qu'il y a plusieurs façons de concevoir le leadership d'une organisation. Podolny argumente qu'il est possible d'imaginer une entreprise humaine. Il dira aussi que le modèle de gouvernance traditionnel (shareholder) se mue progressivement vers un modèle plus humaniste (stakeholder).

Au second niveau, on ne peut qu'être sidéré d'entendre Podolny battre en retraite quand on lui fait remarquer que (la plupart?) des organisations performantes pratiquent un modèle basé sur la logique de position. On cite en particulier le cas de GE et de Jack Welch, PDG légendaire, neutron Jack qui terrifiait son entourage.

Et personne ne semble avoir fait la distinction importante qui existe entre une entreprise bureaucratique, qui pratique une logique de position déhumanisante (voir billet sur la productivité, ici),et celle d'une entreprise où l'individualité est recherchée, mais où la loyauté à l'entreprise doit être totale. En particulier, personne ne peut imaginer que des leaders comme Welch ou Jobs ou Gates ont une vision du leadership qui s'appuie sur une armée de zombies. Au contraire, ce genre de leader est reconnu pour encourager l'expression de l'individualité des cadres et autres membres de l'organisation, mais tout en exigeant un niveau d'implication au delà de ce qui peut sembler raisonnable. D'autres leaders vont au contraire encourager leurs cadres à avoir une "vraie vie" à l'extérieur de l'entreprise. En partie pour éviter les burn-outs.

Et il y a le nombre incalculable de "you know"...

Podcast en flux, ou à télécharger

February 06, 2007

Markets and Society

Une excellente série sur la pensée de l'économiste Karl Polanyi, diffusée par la CBC (Ideas) en 2006 (voir ici)

Relativement long et qui demande probablement à être écouté plus d'une fois, parce que les idées sont parfois difficiles à saisir.

En bref, Polanyi a écrit The Great Transformation en 1949. Un ouvrage qui résonne encore aujourd'hui et qui relate l'émergence de l'économie de marché, dans laquelle nous vivons et que nous prenons pour acquise. Polanyi fait remarquer à juste titre qu'avant la révolution industrielle, les marchés existaient, évidemment, mais qu'ils étaient réglementés par la tradition, la "magie", etc. et non pas par le prix. Selon Polanyi, c'est à cette époque et pour des raisons d'ordre technologique (il fallait assurer une quantité suffisante de main d'oeuvre et une demande permettant de soutenir des industries naissantes) que l'économie de marché a été "disembedded" (il n'y a pas d'équivalent français qui me vienne à l'esprit rapidement, et rien sur le site de l'OLF). Avant la révolution industrielle, il n'y avait pas de marché de l'emploi, pas de marché immobilier, pas de marché monétaire. Et une économie fondée sur ces marchés est radicalement différente d'une économie où la valeur de ces biens est déterminée par la tradition (ou autrement que par la loi de l'offre et de la demande).

Avant la révolution industrielle, la société traditionnelle domine et le marché est soumis au traditions, après, l'économie de marché domine et la société est soumise aux impératifs économiques.

Ceux qui s'intéressent de près à ces questions -- écoutez attentivement la conclusion du 5ième épisode. Fred Bloch, étudiant gradué de Polanyi, est décrit comme partisan de la thèse que la société peut et doit réglementer le marché (disons, en opposition à la pensée de l'école de Chicago, Friedman en tête, qui argumente que le prix est un signal plus efficace que la réglementation "sociale"). Puis on entend la fille de Polanyi, elle aussi économiste, dire que la thèse de son père est que l'économie de marché a changé l'être humain d'une manière profonde, et que la réglementation ne permet pas de corriger les effets pervers de ce changement en profondeur.

Je crois qu'il est remarquable et révélateur que deux économistes, proches de Polanyi, aient des interprétations substantiellement différentes quant à la pensée de cet intellectuel. Mon interprétation est que Bloch, plus influencé par la pensée des économistes institutionnels, traduit davantage la pensée orthodoxe contemporaine que celle de Polanyi, qui me semble écrire une chronique du changement catastrophique. Pour ceux qui ont vraiment le temps, lire The Great Transformation est un bon moyen d'occuper quelques soirées.

Les cinq épisodes sont disponibles ci-dessous en flux ou à télécharger.

épisode 1: flux, télécharger
épisode 2: flux, télécharger
épisode 3: flux, télécharger
épisode 4: flux, télécharger
épisode 5: flux, télécharger

January 23, 2007

The Strangeness of Science: If you think you understand quantum theory, you don't understand quantum theory

Un autre excellent podcast de la série IDEAS. Une allocution de Richard Dawkins, un biologiste.

Allocution fascinante pour quiconque est animé de l'esprit scientifique. S'ouvre sur une réflexion relativement à la physique quantique, d'une complexité stupéfiante (mon titre est réfère à une citation de Feynman que reprend Dawkins), mais indéniablement utile parce que capable de prédictions qui défient l'intuition et le sens commun. Un argument en faveur de la science mathématique.

Puis virage sur le sujet central de l'évolution. Remarques intéressantes sur notre capacité de comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Une observation -- la loi de l'évolution fait en sorte que les organismes les plus adaptés survivent.

Ce qui soulève une question: que signifient les biais perceptuels? Si ces biais étaient néfastes, n'auraient-ils pas été éliminés? Ou sommes nous trop tôt dans le processus évolutif?

J'ai placé ce post dans la rubrique marketing responsable parce que cette question doit être considérée par ceux qui souhaitent apporter des "correctifs" aux décisions individuelles et collectives.

Une copie du podcast est sur mon serveur, mp3 ici, stream ici

January 16, 2007

Economics and Social Justice

L'argument de Sacco est que nous vivons dans une société qui n'est plus préoccupée par des besoins essentiels. Par exemple, on ne se lève pas le matin en se demandant comment on va trouver de la nourriture. En fait, nous en sommes rendus à devoir faire des efforts pour ne pas trop en consommer.

Le problème est que nous utilisons encore des outils conçus pour gérer une économie de subsistance alors qu'en fait nous sommes dans une économie de surabondance. Le système économique fait en sorte que la consommation est devenue compulsive, guidée par un impératif social de construction de son identité propre.

Sacco croit que la réduction des écarts grandissants entre riches et pauvres requiert un changement de système de valeurs chez les gens des économies développées. Si on ne cherche plus à s'affirmer en consommant davantage (mieux que nos "rivaux"), il serait alors envisageable de partager plus équitablement. Alors que dans le contexte actuel, nous souffrons tous d'un manque de ressource, peu importe de combien nous disposons.

Vous pouvez vouloir lire le transcript ici ou écouter le podcast ici.

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Idées intéressantes, mais qui soulèvent deux questions immédiates.

1) Le modèle d'organisation sociale des économies développées connait un succès indéniable. C'est en maximisant l'efficience de l'utilisation des ressources qu'une économie permet aux gens de décrocher, i.e. de se concentrer sur le développement d'expériences personnelles en délaissant la poursuite de consommation de luxe. La difficulté est de ne pas se laisser piéger par le syndrome de la grosse maison, la grosse auto, le gros téléviseur, les voyages exotiques et la poursuite d'activités extrèmes. Parce qu'à ce moment on devient esclave du travail. Faust.

Malheureusement, peut-être, c'est parce que plusieurs ont choisi de vendre leur âme que ce mode d'organisation sociale domine les autres. Comment motiver autrement à adopter un comportement productif? Et si une société choisit de ne pas être productive, comment peut-elle se défendre contre une autre? C'est le dilemme de la globalisation... 

Alors je ne suis pas certain qu'un système faisant la promotion du décrochage connaîtrait beaucoup de succès. Qu'elle serait "soutenable" :)

Mais je suis loin d'être convaincu, dans un sens comme dans l'autre.

2) Ces fameux écarts... ils se creusent vraiment? Deux observations.

2.1 Les économies en croissance rapide ne sont pas celles qui sont les plus développées. On parle de la Chine à 10%+, de l'Inde, du Brésil, etc. De mémoire, les prévisions de croissance de l'occident tournent aux environs de 2.5%. Celles du monde à 3.5%+. Per capita, je crois que les économies émergentes se rapprochent. Certainement le cas de la Chine. Les écarts ne se creusent pas.

2.2 On signale souvent que le ratio du salaire des CEO vs employés augmente. Signal d'écarts grandissants. Mais sont-ils significatifs? Les écarts de qualité de vie se creusent-ils?

Je ne me souviens pas avoir lu quelque chose de bien documenté sur ces questions.

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