L'argument de Sacco est que nous vivons dans une société qui n'est plus préoccupée par des besoins essentiels. Par exemple, on ne se lève pas le matin en se demandant comment on va trouver de la nourriture. En fait, nous en sommes rendus à devoir faire des efforts pour ne pas trop en consommer.
Le problème est que nous utilisons encore des outils conçus pour gérer une économie de subsistance alors qu'en fait nous sommes dans une économie de surabondance. Le système économique fait en sorte que la consommation est devenue compulsive, guidée par un impératif social de construction de son identité propre.
Sacco croit que la réduction des écarts grandissants entre riches et pauvres requiert un changement de système de valeurs chez les gens des économies développées. Si on ne cherche plus à s'affirmer en consommant davantage (mieux que nos "rivaux"), il serait alors envisageable de partager plus équitablement. Alors que dans le contexte actuel, nous souffrons tous d'un manque de ressource, peu importe de combien nous disposons.
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Idées intéressantes, mais qui soulèvent deux questions immédiates.
1) Le modèle d'organisation sociale des économies développées connait un succès indéniable. C'est en maximisant l'efficience de l'utilisation des ressources qu'une économie permet aux gens de décrocher, i.e. de se concentrer sur le développement d'expériences personnelles en délaissant la poursuite de consommation de luxe. La difficulté est de ne pas se laisser piéger par le syndrome de la grosse maison, la grosse auto, le gros téléviseur, les voyages exotiques et la poursuite d'activités extrèmes. Parce qu'à ce moment on devient esclave du travail. Faust.
Malheureusement, peut-être, c'est parce que plusieurs ont choisi de vendre leur âme que ce mode d'organisation sociale domine les autres. Comment motiver autrement à adopter un comportement productif? Et si une société choisit de ne pas être productive, comment peut-elle se défendre contre une autre? C'est le dilemme de la globalisation...
Alors je ne suis pas certain qu'un système faisant la promotion du décrochage connaîtrait beaucoup de succès. Qu'elle serait "soutenable" :)
Mais je suis loin d'être convaincu, dans un sens comme dans l'autre.
2) Ces fameux écarts... ils se creusent vraiment? Deux observations.
2.1 Les économies en croissance rapide ne sont pas celles qui sont les plus développées. On parle de la Chine à 10%+, de l'Inde, du Brésil, etc. De mémoire, les prévisions de croissance de l'occident tournent aux environs de 2.5%. Celles du monde à 3.5%+. Per capita, je crois que les économies émergentes se rapprochent. Certainement le cas de la Chine. Les écarts ne se creusent pas.
2.2 On signale souvent que le ratio du salaire des CEO vs employés augmente. Signal d'écarts grandissants. Mais sont-ils significatifs? Les écarts de qualité de vie se creusent-ils?
Je ne me souviens pas avoir lu quelque chose de bien documenté sur ces questions.