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November 28, 2007

Globalisation -- l'acte de contrition de Krugman

La semaine prochaine nous parlerons de globalisation dans le cours de marketing responsable. Il y a deux semaines je parlais de commerce international à nos étudiants du premier cycle.

Dans une école d'administration, l'argument est généralement en faveur de l'ouverture des marchés et s'appuie sur des considérations relativement aux avantages comparatifs. Mon exemple de toujours -- il serait contre-productif de tenter de produire des bananes au Québec plutôt que de les importer.

Si on rigole, le principe est toutefois compris. Mais il est aussi trompeur. En réalité, il n'a jamais été question de favoriser la production domestique de bananes. Il est toutefois question de favoriser la production domestique de certaines denrées alimentaires (le lait par exemple) où l'avantage comparatif est moins évident. Et en fait, le débat porte aujourd'hui essentiellement sur l'industrie manufacturière et sur certains services.

Je ne veux pas revoir ici la théorie du commerce international ni laisser croire que je suis protectionniste. Simplement observer que le vent tourne.

Paul Krugman est un économiste de grand renom. On peut lire sur la page du London School of Business qui annonce sa conférence qu'il est l'un des économistes vivants les plus célèbres. Or il faut savoir que l'un de ses domaines de spécialisation est le commerce international, et qu'il était un ardent partisan de la libéralisation des économies.

Sa présentation est excellente (bien qu'il soit meilleur analyste qu'orateur) . On y apprendra qu'avant la première guerre mondiale (1914-1918) l'orthodoxie était plutôt que les politiques protectionnistes étaient préférables. Ce n'est qu'après les années '50 que l'ouverture des marchés a été considérée comme plus désirable. Sans grande justification théorique en fait. Krugman dira que dans les deux cas, les facteurs de croissance des économies étaient probablement attribuables à d'autres choses.

Il illustre avec l'exemple de l'Inde où il concocte un estimé qui arrive à la conclusion que la libéralisation du commerce représente une addition de 4.5% à l'économie indienne -- appréciable mais pas spectaculaire. Et ajoute que pour une économie développée, les effets de la globalisation sont négligeables (ces économies étant très compétitives, les gains réalisés par la substitution d'importations sont "relativement minimes").

Mais la révélation est que si la globalisation a un effet (ne serait-ce que modeste) sur la richesse collective, elle accentue considérablement les écarts de revenus entre riches et pauvres, particulièrement dans les pays industrialisés.

Et c'est là que le ton de Krugman devient significativement plus... "contrit". Les données montrent que le revenu médian des 20 dernières années a chuté. Si les revenus moyens augmentent toujours, c'est parce les ultra-riches augmentent leurs revenus de manière spectaculaire. Si vous écoutez l'extrait ci-dessous, vous entendrez Krugman dire que George Soros est relativement pauvre, son revenu étant sous la barre du $1 milliard par an (!). (Pour ceux qui sont intéressés -- Robert Reich donne son opinion ici. Il fait remarquer qu'en plus du niveau... "indécent" de la rémunération des hedge-funds managers, ces revenus sont taxés comme du gain en capital, i.e. 15%)

Bref, l'argument de Krugman en faveur de la globalisation est plus modéré. Spéculations quant à la réapparition du protectionnisme. Il plaide en faveur de mécanismes qui tenteront de renverser la tendance à l'augmentation des écarts de revenus.

extrait essentiel: en flux ou à télécharger
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