NYT: un argument en faveur d'une approche collaborative
On parle beaucoup du www 2.0 et des approches collaboratives. En ce qui me concerne, les idées ne sont pas vraiment claires. Que veut-on dire exactement lorsque l'on parle de collaboration? Parle-t-on plutôt de décentralisation? Voudrait-on plutôt parler de coordination? À quel moment les approches compétitives deviennent-elles contre-productives? Cette dernière question étant probablement la plus importante pour le moment -- de nombreuses intuitions de la science évonomique étant articulées autour du principe de la concurrence. En particulier, les États luttent contre la collusion, qui est pourtant une forme de collaboration. Dans ce cas précis, il est facile d'expliquer pourquoi (à cause du pouvoir de monopole). Mais qu'en est-il plus généralement?
Je n'ai pas de réponse pour le moment. Ni même une liste intéressante de questions. Juste un intérêt.
Ci-dessous un lien vers un article du New York Times. On y parle du programme en télécommunication interactive. (un des projets amusants dont on parle -- Botanicall, où les fleurs qui ont soif appellent à l'aide).
L'idée ici est que les acteurs concentrés sur la concurrence sont (parfois) davantage préoccupés par leurs gains que par la qualité de la performance.
Trois conséquences immédiates :
1) une personne compétitive pourrait concurrencer en posant des gestes contre-productifs (i.e. affaiblir le concurrent) plutôt que positifs (travailler à améliorer sa propre contribution). Cette stratégie n'est pas désirable socialement, même si dans certains cas, elle serait individuellement rationnelle.
2) le corollaire est qu'un agent économique doit investir des ressources défensives. Parfois bénin (ex: la veille concurrentielle), parfois coûteux et nettement contreproductif (ex: batailles légales sur la propriété intellectuelle)
3) une approche concurrentielle réduit la probabilité qu'un agent contribue volontairement à l'amélioration d'un concurrent. S'il suffit d'être premier pour gagner, le concurrent dominant ne sera pas intéressé à la contribution du second. Celui-ci devra décider entre quitter la course ou poursuivre le leader.
Link: Winning Isn’t Everything. Check the Periphery. - New York Times.
“Competition is not valued here,” asserts Red Burns, who has run the program since 1983 (and whom I have known since the early 1990s). “Competitive people have energy, they’re interesting and so forth. But they’re so focused on the competition they fail to see what they’re doing. They just want ‘better, bigger, stronger, longer,’ and they miss the periphery. And that is where you find things you don’t even know are there.
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