Media sociaux et marketing
Article intéressant paru dans le magazine du NYT et relayé par plusieurs. En bref, l'auteur décrit une recherche qui démontre que les consommateurs sont influencés par des signes sociaux. Concrètement, la probabilité que je télécharge un fichier est proportionnelle au nombre de téléchargements précédents. Ce serait un peu comme du bouche-à-oreille nouvelle génération.
Ce qui est intéressant est que le résultat est imprévisible (i.e. dans différents mondes, les succès ne sont pas les mêmes). On assiste au déroulement du hasard: si "par hasard" je suis le premier et télécharge untel fichier, comme ce fichier est avantagé, les probabilités que les visiteurs subséquents le téléchargent sont plus fortes. L'avantage se renforce progressivement.
Il est clair que les recommandations de l'univers social ont un impact important sur le comportement des consommateurs. Que ces impacts soient imprévisibles et indépendants des caractéristiques objectives de l'objet soulève des questions intéressantes (est-ce qu'il est correct que le "gagnant" de telles courses empoche les revenus qui y sont associés?) et des problèmes stratégiques dont les solutions ne sont pas évidentes (intuitivement je dirais que l'on peut s'appuyer sur ce résultat pour justifier la création d'un grand portefeuille d'artistes (ou autres objets) de manière à augmenter les chances de remporter ces courses à la popularité. Et possiblement d'annoncer massivement afin de lancer le processus social. Deux conclusions qui confèrent un avantage déterminant aux grandes organisations -- paradoxal dans un monde qui s'alimenterait essentiellement au bouche-à-oreille.
En ce qui concerne la théorie et la pratique du marketing, ll faudra étudier la nature de l'influence des recommandations sociales (ex: probablement plus forte quand les caractéristiques objectives ne sont pas facilement observables) et réfléchir à l'évolution possible/probable de cet effet.
(finalement -- je m'apprêtais à mettre en ligne un exemple de modèle de marche aléatoire (random walk)). Une autre interprétation des résultats auxquels Watts fait référence pourrait être que la domination est un phénomène largement aléatoire.
Link: Justin Timberlake - Culture - Hollywood - Idea Lab - New York Times.
Introducing social influence into human decision making, in other words, didn’t just make the hits bigger; it also made them more unpredictable.
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