Révolution
Je soulignais hier l'article du quotidien Le Devoir ou le journaliste remarquait que l'Internet occupait aujourd'hui la place prépondérante dans la gestion de la campagne présidentielle américaine. Un podcast diffusé par The Economist en avril 2006 explore cette idée plus en profondeur. Ce podcast est un de ceux qui accompagnent le survey on new media.
Quelques idées importantes:
1) On y parle d'une révolution et non pas d'une évolution. L'establishment est sérieusement menacé. Les transformations sociales seront majeures, imprévibles, pas forcément toutes plaisantes. Dans le contexte du débat Porter-Tapscott sur la signification de l'Internet dans le domaine de la formulation stratégique, il n'y a aucun doute qu'il ne s'agit pas de business as usual. Saffo va aussi loin que de prédire la fin de l'état-nation, remplacé par le concept de villages globaux. De l'imprimerie qui a favorisée l'émergence des états-nations, puis la télévision qui a donné naissance au village global (McLuhan), la société est maintenant impactée par un médium qui fragmente plutôt que d'homogénéiser. Saffo donne l'exemple de la culture Klingon qui s'enracine, alimentée par un groupe de passionnés.
2) On y parle de la dématérialisation de la consommation. Un exemple intéressant concerne l'utilisation de l'automobile que l'on réserver sur Internet, pour un usage circonscrit. L'impact sur notre compréhension de ce que veut dire le concept de marketing est immense. Communauto est encore vu par la majorité comme une solution de remplacement réservée aux moins fortunés ou aux activistes environnementaux. La réalité est que l'idée de posséder une automobile ressemble de plus en plus à un fardeau. Que l'on préfère louer ou utiliser un taxi. Qu'il y a d'autres moyens infiniment plus intéressants d'exprimer qui nous sommes.
3) On y parle de l'industrie de la musique. Saffo ne mâche pas ses mots à l'endroit de l'industrie existante, qui voudrait inclure des principes légaux obsolètes dans une technologie qui est incompatible avec ses principes, tout comme les moines du 16ième siècle qui disaient que seules les bibles manuscrites pouvaient être condidérées comme étant légitimes.
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On peut croire qu'il s'agit de vues exhaltées, sans fondement, comme celles qui ont servi à alimenter la bulle spéculative de la fin des années 1990. Mais The Economist n'est pas un médium d'illuminés. Et cette fois les signes de changement apparaissent dans les comportements, pas dans les outils.
Copie locale du podcast en flux ou pour télécharger.
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